
Vous étiez donc obligé de vous conformer à ce monde bien pensant et ainsi renoncer à une grande part de votre propre personnalité, ou de développer votre vie intérieure, ce qui vous mettait à l’écart de ce monde."
Il faut dire aussi que Tim Burton n'était pas un enfant comme les autres. Plutôt que de jouer avec les enfants de son âge, celui-ci préfère rester à la maison pour regarder les dessins animés et les films d'horreurs qui sont sa passion. D'ailleurs, son idole sera nul autre que Vincent Price, un grand acteur du cinéma d'horreur, à qui il rendra souvent hommage. Sans cesse, il se repassera les grands classiques du genre, en particulier les histoires d'Edgard Allen Poe (comme La chute de la maison Usher et Le corbeau) qui mettent en vedette son grand idole.
C'est auprès de ses parents, Bill et Jean, que Tim Burton vécu son enfance; son père travaillant au Burbank Parks and Recreations departements, et sa mère dans une petite boutique cadeau du nom de Cats Plus, où tout les produits portent un motif de chat…
Étonnant si l'on songe que dans Le retour de Batman les entreprises de Max Schreck (interprété par Christopher Walken) ont un chat comme logo!!!
Finalement, à cause de son intérêt pour le dessin, il étudiera l'animation à la California Institute of the Arts pour ensuite être engagé chez Disney.
Pourtant, Burton a des opinions assez contraires à Disney et des difficultés surviendront lors de la conception de Rox et Rouky, un long métrage d'animation auquel il a participé.
Néanmoins, Disney lui laissera la liberté de travailler sur des projets un peu plus personnels.
Le premier sera Vincent en 1982, un court métrage presque autobiographique qui raconte en quelque sorte son enfance et son admiration pour son idole : Vincent Price.
Le second sera Frankenweenie, un court métrage de 27 minutes survenu en 1984, qui est une sorte de remake de Frankenstein fort original.
Ces deux court-métrages ne seront par contre pas commercialisés immédiatement, parce qu'ils ne collent pas avec l'idéologie que Disney inculque aux enfants. Malgré tout, Burton aura quand même réalisé, durant ses travaux chez Disney, deux moyen-métrages pour la télévision :
Hansel et Gretel en 1982, qui comportait un casting exclusivement asiatique, et
Aladdin and his wonderful lamp en 1985, qui mettait en vedette James Earl Jones et ni plus ni moins que Leonard Nimoy. Soulignons aussi qu'en 1985 Tim Burton aura participé à l'éloboration du long métrage animé de Disney The black cauldron, dans lequel il a influencé cinq personnages.
C'est d'ailleurs à l'intérieur des studios Disney que Tim Burton a rencontré Paul Reubens (alias Pee Wee) qui lui proposa de réaliser son premier long métrage La grande aventure de Pee Wee en 1985.
Ce film souligne une étape importante dans sa carrière puisqu'il marque aussi le début de sa collaboration avec Danny Elfman qui fera la musique (exceptionnelle) de la majorité de ses films.
L'année 1985 aura été d'autant plus significative pour Burton puisque, comme tout grand réalisateur, il aura fait son incursion dans la légendaire série télé Alfred Hitchcock présente en réalisant un épisode intitulé THE JAR…
En 1988 Burton réalise Bételgeuse, son deuxième long métrage, dans lequel il utilise des effets spéciaux entièrement cartoon.
À la plus grande joie de son réalisateur, le film obtient un succès bien mérité et remporte même un oscar pour ses maquillages impressionnants. Cependant, ce n'est que l'année suivante, soit en 1989, avec le succès phénoménal de Batman, que Tim Burton a pu acquérir une assez grande notoriété pour faire des œuvres beaucoup plus personnelles. "Tout ce que je filme participe à une sorte d'exorcisme global. Je m'explore moi-même."
En 1990, Burton tente de réaliser un documentaire en parallèle avec Edward aux mains d'argent qui devait rendre hommage à Vincent Price. Malheureusement, le projet a dû être arrêté suite au décès de cette grande légende du cinéma et le documentaire est resté inachevé. Mais pour Tim Burton, cette rencontre avec Vincent Price demeure un moment important de sa vie et sera même devenue une sorte de brouillon des scènes les plus émouvantes d'Ed Wood.
1991! Une année très significative dans la vie de Tim Burton, car c'est l'année où il a rencontré à New York celle qui deviendra sa femme : Lisa Marie.
Le déclic aura été immédiat entre cet homme et cette femme puisque tout deux partageaient le même monde surréel et fantaisiste.
Elle est d'ailleurs devenu, dans le monde de Burton, la Vampira d'Ed Wood, la martienne de Mars Attacks!, la mère d'Ichabod Crane dans Sleepy Hollow et une guenon plutôt olé olé dans Planet of the apes.
L'année 1991 sera aussi marqué par la réalisation d'Edward aux mains d'argents le plus grand film qu'est fait Tim Burton, et son chef-d'œuvre incontesté.
Ce film est l'œuvre la plus poétique qu'il ait réalisé, sans doute parce que son personnage sort tout droit de l'enfance de celui qui l'a créé.
Il aura fallu attendre en 1993, pour que Tim Burton réaliseLe retour de Batman qui sera à la fois plus créatif et plus sombre (pour ne pas dire bleu!) que le premier.
Cette suite à ce succès blockbuster sera beaucoup plus personnelle que l'épisode initiale et par le fait même beaucoup plus burtonnienne.
Cette même année marque aussi le retour de Burton aux studios
Disney pour la production de son premier long métrage animé conçu d'après un poème qu'il avait écrit : L'étrange noël de monsieur Jack qui, bien qu'il ne l'aie pas réalisé, sera l'aboutissement de sa carrière.
Arrive maintenant l'année 1994 où Burton signe un coup de maître en réalisant la biographie du plus mauvais réalisateur de l'histoire du cinéma.
Un film en noir et blanc empreint d'humour et de passion.
En réalisant Ed Wood, il porte à l'écran son amour pour le cinéma d'horreur à travers la vie d'un réalisateur aussi passionné que lui, mais sans aucun budget. Ce film, pourtant excellent et hautement divertissant, ne sera pas très apprécié du public qui préfère les effets spéciaux sans but, plutôt qu'un film sobre à la fois intéressant et intelligent. Néanmoins, Ed Wood sera très aimé des critiques qui reconnaîtront enfin le génie de Burton. Les critiques, qui refusaient de lui attibuer les éloges qu'il méritait depuis longtemps, seront unanime et qualifieront cette étonnante biographie de réussite complète. D'une part, à cause de la finesse du scénario et de l'habileté de la réalisation, et d'autre part, à cause de l'intensité du jeu de Martin Landeau qui sera récompensé d'un Oscar pour son second rôle.
Peut-être parce qu'il avait besoin de s'éloigner un peu de son univers sombre, il réalise en 1996 Mars Attacks!, inspiré des cartes à collectionner Topps parut dans les années 70.
Contrairement à ses films sombres et nocturnes, il décide de tourner un film aux couleurs éclatantes. Il remplace en quelque sorte la poésie par la démence et la satire!
Il crée un film violent, une sorte de carnage subtil dissimulé sous un humour noir burlesque.
Avec Mars Attacks!, il critique la société américaine en ridiculisant le président, la maison blanche, les familles modèles et le rêve américain par le fait même.
Ce qui explique que le film est rapporté partout sauf aux Etats-Unis!!!
En 1997 Tim Burton connu une autre déception. Alors qu'il entreprend la réalisation de Superman lives qui devait mettre en vedette Nicolas Cage, le projet lui est retiré! Mais Tim Burton ne se laisse pas abattre, et sort cette même année un premier livre intitulé: La triste fin du petit enfant huître et autres histoires.
Un recueil d'une vingtaine de poèmes à la fois sombres et drôles qu'il a illustré lui-même. Comme l'ensemble de son oeuvre, le livre qu'il a publié donne naissance à une famille de personnages étranges, solitaires et différents. " J'ai toujours pensé que King Kong, Godzilla ou le monstre de Frankenstein étaient plus humains que ceux qui voulaient les détruires. "
C'est en 1999 qu'est sorti son chef d'oeuvre inspiré de la Hammer Sleepy Hollow, un conte macabre pour adulte. Macabre en effet puisque qu'il s'agit d'un cavalier décapité qui coupe la tête des notables d'un village... à la hache!!!
Un film qui se penche beaucoup plus sur l'horreur et qui sera adapté d'un classique de la littérature américaine.
Une œuvre extraordinaire avec des décors somptueux ( gagnant d'un academy award) et une photographie éblouissante. Tim Burton signe avec l'adaptation de cette légende une oeuvre d'une beauté esthétique peu commune. "Je ne suis pas un bon conteur d'histoire. Pour moi, les images doivent comporter des éléments de sens, constituer un texte à leur manière. J'aime aussi éveiller l'imagination. Quand je vais voir un film, j'aime y trouver un peu d'espace pour méditer".
C'est tout récemment, qu'est apparu sur nos écrans le dernier film de Burton: La planète des singes. Bien qu'aux premiers abords cette méga production ne semble pas être dans le style de Burton, celui-ci nous prouve le contraire en exploitant admirablement les costumes, les décors et les ambiances macabres qui sont sa force. Réimaginé à partir d'un film de série B des années '60 ( qui sont ses préférés ) et sans contredit LE film de l'été 2001, Planet of the apes reprend quelques uns des thèmes de son réalisateur: les personnages étranges, les différences sociales et la culture américaine. Dans ce film, les maquillages sont plus qu'impressionnants et la fin est des plus inattendue. Encore une fois, Burton prouve qu'il est capable de mettre en scène des personnages aussi inusités que des singes et de divertir honnêtement son public! C'est d"ailleurs lors de la réalisation de ce film qu'il a rencontré Helena Bonham Carter qui, par son charme provocateur, deviendra son idyle. En effet, foudroyé par le charisme de cette actrice, celui-ci tombera fou amoureux et délessera Lisa Marie qui était sa femme depuis déjà 10 ans!!!
Filmographie
Tim Burton et l'expressionisme Allemand
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